Chronique Album – Youth Lagoon / The Year Of Hibernation (Feat Walden)


« I have always been regretting that I was not as wise as the day I was born. » Walden, Or, Life in the Woods, Henry David Thoreau, 1854

Dans Walden le philosophe et naturaliste américain Henry David Thoreau nous expose sa vie menée durant deux ans au coeur de la nature, en autarcie. Aujourd’hui considéré comme l’un des pionniers du mouvement en faveur de la décroissance et du respect de l’environnement, cet exil au bord de l’étang de Walden dans le Massachussetts, lui inspire une réflexion sur la solitude, la nature et la société consumériste de l’époque.

Euh… Pourquoi parler d’un philosophe américain disparu depuis presque 150 ans sur ce blog de musique? La raison de cette petite divagation introductive résulte de l’écoute de The Year of Hibernation de Youth Lagoon.

Parfois une musique paraît convenir particulièrement à un lieu, une atmosphère. Lors de la lecture de Walden, je n’ai pas trouvé le rythme, la toile de fond musicale accompagnant les propos du naturaliste. Un roman se lit, s’imagine, mais s’écoute aussi et il m’était difficile d’entendre cette petite cabane plongée dans la brume, immergé dans le brouhaha du métro parisien.

C’est alors qu’à l’écoute d’Hibernation et de Trevor Powers, l’artiste qui se cache derrière Youth Lagoon, j’ai enfin trouvé enfin la clé. Enregistrant seul au cours de l’année 2011 les 8 titres qui figurent sur l’EP, le natif de San Diego trafic la pop, l’indie et le lo-fi à la manière d’un rêveur solitaire. Pitchfork prétend qu’il porte toutes les marques d’un projet enregistré dans une chambre à coucher, je l’imagine plus volontiers dans une cabane au bord l’étang de Walden.

Les textes de Powers se rapportent souvent au passage de l’adolescence à l’âge adulte. La construction de l’abri d’Henry David Thoreau est aussi la découverte d’un homme et sa première réalisation. La voix de Powers, à la fois proche et lointaine, la facilité avec laquelle il passe de la mélancolie à l’euphorie nous rappelle ces premières réflexions de jeune homme, cette nostalgie mêlée d’impatience. Les arrangements, imprécis de prime abord, se révèlent naturellement harmonieux…

The Year of Hibernation s’écoute d’une seule traite, c’est une création solitaire, équilibréé et dense, de nature à agrémenter quelques lectures légères, brumeuses ou philosophiques.

Post Scriptum à l’attention des lecteurs assidus : The Year of Hibernation constitue pour moi l’album révélation de l’année 2011, une bonne manière de lancer mon camarade M. Douche, qui va vous faire part dans quelques jours des Top 2011 NumaProstMusic…

« I have a great deal of company in my house; especially in the morning, when nobody calls. » Walden, or Life in the Wood, 1854

Numa

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